Etude : téléphone, vitesse, fatigue… les français sont-ils bons élèves ?

Etude : téléphone, vitesse, fatigue… les français sont-ils bons élèves ?

Excès de vitesse, usage du smartphone au volant, fatigue, agressivité ou encore alcool : malgré les campagnes de prévention répétées, les comportements à risque restent très présents sur les routes françaises.

Le dernier Baromètre de la conduite responsable publié par la Fondation Vinci Autoroutes, réalisé avec Ipsos BVA auprès de plus de 12 000 personnes en Europe, dresse un constat préoccupant : les automobilistes français continuent d’adopter des habitudes dangereuses, parfois même davantage que leurs voisins européens.

Une mortalité routière toujours élevée

En 2025, plus de 3 200 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises selon les chiffres provisoires de l’ONISR.

Une hausse qui rappelle que la sécurité routière reste un enjeu majeur, malgré les progrès technologiques des véhicules modernes et les nombreuses réglementations mises en place ces dernières années.

L’étude montre surtout que beaucoup d’automobilistes continuent de minimiser certains comportements pourtant extrêmement risqués.

La vitesse reste une habitude très ancrée

Premier enseignement du baromètre : les excès de vitesse restent largement banalisés.

Près de 9 conducteurs français sur 10 reconnaissent dépasser régulièrement les limitations, même légèrement. Un chiffre supérieur à la moyenne européenne.

Les mauvaises habitudes sur autoroute restent également très fréquentes :

  • non-respect des distances de sécurité ;
  • circulation prolongée sur la voie du milieu ;
  • dépassements par la droite.

Ces comportements, souvent considérés comme anodins par certains automobilistes, augmentent pourtant fortement les risques d’accident, notamment à haute vitesse.

Le téléphone au volant toujours omniprésent

C’est sans doute l’un des points les plus inquiétants de l’étude : l’usage du smartphone au volant continue de progresser.

Aujourd’hui, une immense majorité de conducteurs français reconnaît utiliser son téléphone en conduisant, notamment pour :

  • programmer un GPS ;
  • consulter des notifications ;
  • téléphoner ;
  • lire ou envoyer des messages.

Plus préoccupant encore, beaucoup admettent détourner régulièrement les yeux de la route pendant plusieurs secondes, alors qu’un simple instant d’inattention peut suffire à provoquer un accident grave.

Malgré les campagnes de sensibilisation, le smartphone semble être devenu une source de distraction presque “normalisée” pour une partie des automobilistes.

Alcool et stupéfiants : des comportements toujours présents

L’étude révèle également que certains conducteurs continuent de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool ou des substances altérant la vigilance.

En France, plusieurs automobilistes reconnaissent avoir déjà conduit en état d’ébriété, tout en sous-estimant parfois la dangerosité réelle de ce comportement.

Les jeunes conducteurs apparaissent particulièrement exposés concernant la consommation de stupéfiants avant de conduire.

D’autres prennent également le volant après avoir consommé certains médicaments pouvant provoquer de la somnolence ou une baisse de vigilance.

La fatigue, un danger encore largement sous-estimé

La fatigue reste l’une des premières causes d’accidents mortels sur autoroute. Pourtant, de nombreux conducteurs continuent de rouler alors qu’ils se sentent épuisés.

Beaucoup reconnaissent :

  • avoir du mal à rester concentrés ;
  • sentir leur attention diminuer ;
  • avoir déjà eu l’impression de s’endormir au volant.

Malgré cela, une partie importante des automobilistes avoue ne jamais faire de pause ou de sieste lors des longs trajets.

Le problème est particulièrement visible lors des départs en vacances ou des déplacements professionnels, où la pression du temps pousse certains conducteurs à continuer malgré la fatigue.

Une agressivité toujours très présente sur les routes

Même si certaines incivilités reculent légèrement, la tension reste forte sur les routes françaises.

La majorité des conducteurs dit craindre l’agressivité des autres usagers. Et pourtant, beaucoup reconnaissent eux-mêmes adopter des comportements agressifs :

  • insultes ;
  • coups de klaxon ;
  • conduite collée au véhicule précédent ;
  • altercations sur le bord de la route.

Ce climat nerveux contribue à augmenter le stress au volant et peut favoriser des réactions dangereuses dans des situations déjà tendues.

Les trajets professionnels particulièrement concernés

Le baromètre met aussi en lumière les risques liés à la conduite dans le cadre professionnel.

De nombreux salariés admettent modifier leur comportement sur la route à cause des contraintes de travail :

  • excès de vitesse pour arriver à l’heure ;
  • refus de faire des pauses ;
  • appels professionnels pendant la conduite ;
  • lecture de messages ou d’e-mails au volant.

Certains reconnaissent même conduire après des repas d’affaires alcoolisés.

Ces pratiques sont particulièrement préoccupantes alors que les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail en France.

Des habitudes difficiles à faire évoluer

Le principal enseignement de cette étude est sans doute là : beaucoup d’automobilistes connaissent parfaitement les dangers de certains comportements… mais continuent malgré tout à les adopter.

Entre banalisation des risques, pression du quotidien et hyperconnexion permanente, la route reste un espace où les mauvaises habitudes ont la vie dure.

Et malgré les aides à la conduite toujours plus nombreuses dans les voitures modernes, la sécurité dépend encore avant tout du comportement humain derrière le volant.

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