Les concessionnaires et garages enfin dans le viseur de la DGCCRF pour pratiques frauduleuses

Les concessionnaires et garages enfin dans le viseur de la DGCCRF pour pratiques frauduleuses

Deux ans après une première vaste campagne de contrôle, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pointe une nouvelle fois les dérives du secteur de la réparation automobile. En 2024, près de 40 % des établissements contrôlés présentaient des anomalies ou des pratiques contraires à la réglementation.

Concessionnaires, garages indépendants et centres-autos étaient dans le viseur de l’administration. Sur les quelque 1 600 établissements inspectés, près de 500 injonctions de mise en conformité ont été prononcées et plus de 220 procès-verbaux dressés. À cela s’ajoutent plus de 580 avertissements destinés à accompagner les professionnels dans le respect des règles.

Ce taux d’irrégularités progresse par rapport à la précédente enquête menée en 2022, où 30 % des établissements contrôlés avaient été sanctionnés. La DGCCRF nuance toutefois ce constat en expliquant que les contrôles de 2024 ont bénéficié d’un ciblage plus précis.

Des pratiques jugées trompeuses

Dans le détail, la Répression des fraudes dénonce plusieurs manquements récurrents. Beaucoup de garages affichent mal leurs tarifs ou omettent certaines informations essentielles concernant les frais de main-d’œuvre, de gardiennage ou encore de diagnostic.

Plus grave, certains professionnels facturent des prestations qui n’ont pas été réalisées. Des opérations de remplacement ou de démontage de pièces apparaissent parfois sur les factures sans avoir réellement été effectuées.

La DGCCRF relève également la présence de clauses contractuelles abusives ou illégales. Certains garages tentent notamment de limiter leur responsabilité en cas de vol ou de dégradation du véhicule, tandis que d’autres appliquent des pénalités de retard normalement réservées aux professionnels, et non aux particuliers.

Exemple parmi tant d'autre : actuellement chez BMW, si vous cumulez une revision ainsi qu'un changement de plaquettes et/ou de disques, ce qui est fréquent chez les automobilistes, vous payerez deux fois "l'essai dynamique de votre voiture". Deux problèmes à cela : 1) payer deux fois la même prestation 2) en réalité, cet essai dynamique est rarement effectué...

Nous ne parlons même pas des constructeurs qui, comme BMW une fois de plus, impose des services additionnels non-sélectionnés. Ici (ci-dessous), je souhaite faire une vidange huile + filtre à huile, mais BMW m'impose le changement du microfiltre à 80€ (qui coûte, à référence identique, 8,70€ sur Oscaro.com) et un pré-diagnostic à 30€ (qui consiste de la lecture des messages du tableau de bord et contrôle des témoins/voyants). Evidemment, les devis ne sont éditables qu'en passant par le site BMW.

Bilan : 120,25€ de plus qui vous sont imposés... ou, présenté autrement, 49,5% de plus que les 222,45€ qui devaient vous être facturés.

L’économie circulaire encore trop peu respectée

L’administration pointe aussi un manque d’information concernant les pièces issues de l’économie circulaire. Depuis plusieurs années, les réparateurs ont l’obligation de proposer des pièces de réemploi lorsque cela est possible. Pourtant, certains imposeraient encore systématiquement des pièces neuves à leurs clients.

Autre dérive dénoncée : la promotion illégale de la suppression des dispositifs anti-pollution via les réseaux sociaux. Certaines enseignes proposent en effet le retrait des filtres à particules ou des systèmes AdBlue, des pratiques strictement interdites.

Enfin, plusieurs professionnels spécialisés dans les conversions au superéthanol E85 oublieraient d’informer leurs clients de certaines obligations administratives, comme la mise à jour de la carte grise ou la déclaration auprès de l’assureur.

Plus de 10 000 signalements en 2025

Le secteur continue de concentrer un nombre important de plaintes. Selon la DGCCRF, plus de 10 000 signalements liés à l’entretien et à la réparation automobile ont été enregistrés en 2025 via la plateforme SignalConso.

Ces remontées concernent aussi bien des litiges tarifaires que des problèmes de réparations mal réalisées, de délais ou de manque de transparence.

Mobilians condamne ces pratiques

En réaction, Mobilians a fermement condamné les pratiques frauduleuses relevées par la DGCCRF. Le syndicat patronal rappelle toutefois que la majorité des professionnels travaillent « avec sérieux et professionnalisme » dans un contexte de profondes mutations technologiques et économiques.

Mobilians estime également qu’une partie des infractions relevées relève davantage de la complexité croissante des obligations administratives que d’une volonté volontaire de tromper les consommateurs.

Le syndicat annonce néanmoins le lancement d’un nouveau plan d’action destiné à mieux accompagner les professionnels et améliorer leurs pratiques. Il appelle aussi les pouvoirs publics à renforcer la coordination des actions de prévention et d’information dans le secteur.

Laisser un commentaire