Peugeot - Citroën : finito le kit anti-crevaison, il devient payant...

Depuis plusieurs années, les constructeurs automobiles réduisent progressivement les équipements fournis de série afin de limiter le poids des véhicules et d’optimiser les coûts de production. La disparition de la roue de secours en est un exemple bien connu : jugée trop lourde et encombrante, elle a été remplacée dans la majorité des cas par un simple kit anticrevaison. Mais aujourd’hui, certains constructeurs vont encore plus loin dans cette logique.
C’est notamment le cas de Peugeot et Citroën, deux marques appartenant au groupe Stellantis. Sur plusieurs de leurs modèles récents, le kit anticrevaison lui-même n’est plus systématiquement inclus. Il devient une option payante, facturée environ 20 euros, ce qui suscite l’incompréhension de nombreux automobilistes.
Une crevaison rare… mais toujours possible
Statistiquement, une crevaison survient en moyenne tous les 70 000 kilomètres. Si certains conducteurs peuvent ne jamais y être confrontés, d’autres y feront face à plusieurs reprises au cours de leur vie d’automobiliste. Dans ce contexte, disposer d’une solution de dépannage rapide reste essentiel.
Le kit anticrevaison, désormais largement répandu, se compose généralement d’un compresseur électrique et d’un produit de colmatage. Branché sur la prise 12 volts du véhicule, il permet de regonfler temporairement un pneu percé, à condition que celui-ci ne soit pas gravement endommagé. Ce dispositif offre une solution d’appoint pour rejoindre un garage ou poursuivre son trajet sur une courte distance.
Une option facturée sur de nombreux modèles
Là où la situation devient plus discutable, c’est lorsque cet équipement de base n’est même plus fourni d’office. En consultant les configurateurs de plusieurs modèles Peugeot et Citroën, on constate que ce kit est désormais proposé en option sur des véhicules pourtant largement diffusés.
Parmi eux, on retrouve des modèles populaires comme la Peugeot 208, la 308, les SUV 3008 et 5008, ou encore des Citroën comme la C3, le C3 Aircross ou le C5 Aircross. Sur ces voitures, l’acheteur doit ajouter une vingtaine d’euros pour bénéficier d’un kit comprenant compresseur, produit d’étanchéité, anneau de remorquage et cales de roue.
Certes, le montant peut sembler modeste au regard du prix global du véhicule. Mais cette facturation pose question : pourquoi ne pas intégrer directement cet équipement au tarif de base, comme c’était auparavant le cas ? D’autant plus que son utilité en situation d’urgence est difficilement contestable.

Une stratégie difficile à justifier
Cette décision apparaît d’autant plus étonnante qu’elle intervient dans un contexte où Stellantis cherche à améliorer son image auprès des consommateurs. Après avoir été critiqué pour sa politique tarifaire jugée agressive, le groupe avait annoncé vouloir adopter une approche plus favorable aux clients.
Or, faire payer un équipement aussi basique peut être perçu comme une forme d’économie excessive, voire mesquine. Cela contraste également avec les pratiques d’autres marques du groupe, comme Fiat, qui continue d’inclure ce type de kit de série sur certains modèles, comme la Fiat 600.
Entre logique industrielle et perception client
Du point de vue industriel, la suppression d’équipements de série permet de réduire les coûts et d’optimiser les marges. Chaque élément retiré ou rendu optionnel contribue à améliorer la rentabilité, surtout sur des volumes de production importants.
Cependant, du point de vue du client, cette stratégie peut être perçue négativement. Lorsqu’un acheteur investit plusieurs dizaines de milliers d’euros dans un véhicule, il s’attend à disposer d’un minimum d’équipements pratiques, notamment ceux liés à la sécurité ou au dépannage.
Une petite économie, un grand impact sur l’image
Au final, si l’économie réalisée par le constructeur est réelle à grande échelle, elle peut avoir un impact disproportionné sur la perception de la marque. L’ajout d’une option à 20 euros peut sembler anecdotique, mais il symbolise pour beaucoup une tendance plus large à la facturation systématique du moindre équipement.
Dans un marché automobile de plus en plus concurrentiel, où l’image et la satisfaction client jouent un rôle clé, ce type de décision peut s’avérer contre-productif. Car au-delà du prix, c’est surtout le sentiment de “payer pour tout” qui peut laisser un goût amer aux acheteurs.

