Pourquoi convertir un moteur PureTech à l’E85 est une mauvaise idée

Face à la hausse du prix de l’essence, le superéthanol E85 apparaît comme une solution séduisante pour réduire son budget carburant. Avec des kits de conversion homologués désormais proposés à des tarifs relativement accessibles, la tentation est grande de transformer son véhicule essence en modèle compatible avec l’E85.
Mais cette opération n’est pas adaptée à tous les moteurs. C’est notamment le cas de certaines générations du 1.2 PureTech de Stellantis, dont la fiabilité a déjà fait l’objet de nombreuses critiques. Dans ce contexte, ajouter les contraintes liées à l’éthanol pourrait davantage fragiliser une mécanique déjà sensible.
L’E85 impose des contraintes différentes à un moteur essence
Un moteur est développé pour fonctionner avec des caractéristiques précises de carburant. L’injection, la cartographie, les matériaux du circuit d’alimentation et la gestion des émissions sont notamment conçus autour des carburants homologués par le constructeur.
Or, l’E85 possède des propriétés différentes de celles du SP95 ou du SP98. Son pouvoir calorifique inférieur entraîne notamment une consommation plus importante. Il nécessite également davantage de carburant pour obtenir un mélange air-carburant adapté, ce qui peut représenter environ 25 à 30 % d’injection supplémentaire.
L’éthanol présente aussi une volatilité plus faible à froid, ce qui peut compliquer les démarrages hivernaux. Enfin, sa capacité à absorber l’eau impose que les différents composants du circuit d’alimentation soient conçus pour supporter ce carburant.
Un boîtier E85 ne transforme pas complètement le moteur
Les kits de conversion homologués permettent principalement d'adapter la quantité de carburant injectée. Ils ne modifient toutefois pas l’ensemble des composants mécaniques du véhicule.
À l’inverse, un véritable moteur FlexFuel est conçu dès l’origine pour supporter l’E85. Il peut notamment bénéficier de :
- injecteurs adaptés au débit nécessaire ;
- matériaux compatibles avec l’éthanol pour le circuit de carburant ;
- une cartographie moteur spécifique ;
- une conception adaptée des différents éléments en contact avec le carburant.
Le simple ajout d’un boîtier ne change donc pas la conception initiale du moteur.
Pourquoi le PureTech est particulièrement concerné
Le cas du 1.2 PureTech mérite une attention particulière. Les premières générations de ce moteur ont connu plusieurs problèmes de fiabilité, notamment autour de la lubrification et de la courroie de distribution.
L’utilisation de l’E85 peut ajouter une contrainte supplémentaire. En particulier, la dilution de l’huile moteur peut être accentuée lors des démarrages à froid ou sur les petits trajets. Lorsque le lubrifiant perd une partie de ses propriétés, la protection des pièces internes diminue et leur usure peut s’accélérer.
Il faut également prendre en compte la garantie. Stellantis n’ayant pas homologué l’utilisation de l’E85 sur ces motorisations, une avarie liée à ce carburant peut poser problème concernant la prise en charge.
Des économies à la pompe qui doivent être relativisées
Le prix attractif de l’E85 ne doit donc pas faire oublier le coût potentiel d’une panne. Le remplacement d’un moteur PureTech peut représenter plusieurs milliers d’euros, soit une somme largement supérieure aux économies réalisées sur le carburant.
La prudence est également recommandée avec les versions micro-hybrides et certaines motorisations PureTech plus récentes qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les boîtiers E85.
En résumé, convertir un moteur essence à l’éthanol peut être pertinent lorsque le constructeur prévoit cette possibilité et que la mécanique est compatible. Pour un PureTech déjà réputé sensible, mieux vaut cependant vérifier précisément l’homologation et les préconisations du constructeur avant de privilégier les économies réalisées à la pompe.


2 commentaires
ma c3 a 173000 km et est equipée flex fuel depuis 70000 km environ. Pas de problemes particuliers
Il serait beaucoup plus simple que les constructeurs fabriquent des véhicules prévus pour l’Ethanol puisque Peugeot sait le faire au Brésil et Ford a quelques modèles en France je pense que le manque de taxes fait que l’état ne veux pas de cette méthode !!!!