Renault prépare un éthylotest anti-démarrage digital

Dans les coulisses du Technocentre de Guyancourt, Renault travaille sur les technologies qui pourraient équiper ses futurs véhicules. Au cœur de ce dispositif, le garage Futurama sert de laboratoire aux ingénieurs du constructeur pour développer de nouveaux concepts et imaginer les équipements de demain.
Parmi les projets actuellement étudiés figure notamment le R-Space Lab, un concept-car qui rassemble plusieurs innovations consacrées à la sécurité et à l'assistance au conducteur. Renault souhaite ainsi renforcer sa stratégie « Human First » et ambitionne de couvrir 70 % des risques routiers avec ses technologies à l’horizon 2030, contre environ 50 % aujourd’hui.
Des technologies pensées pour améliorer la sécurité
Le garage Futurama a notamment vu naître plusieurs équipements désormais présents sur les modèles de la marque, comme le stationnement mains libres ou encore la surveillance des angles morts.
Mais Renault ne s’intéresse pas uniquement aux technologies destinées à éviter les accidents. Le constructeur travaille également sur des solutions capables de faciliter l’intervention des secours lorsqu’une collision s’est produite.
C’est notamment le cas du Fireman Access, développé avec les sapeurs-pompiers de Paris. Ce dispositif permet de faciliter l’extinction d’un incendie sur une voiture électrique ou hybride en donnant aux secours un accès direct à la batterie afin de pouvoir la noyer. Renault a rendu le brevet accessible depuis fin 2024 et souhaite désormais que cette solution soit davantage prise en compte dans les évaluations de sécurité automobile.
Le QR Rescue et un siège plus facile à démonter
Autre dispositif développé pour les secours : le QR Rescue. Présent sur les pare-brise des Renault depuis 2023, ce QR Code donne rapidement accès aux informations techniques essentielles du véhicule. Les pompiers peuvent ainsi localiser les batteries, les airbags, le réservoir de carburant ou encore les différentes zones renforcées avant de procéder à une désincarcération.
Renault prépare également le Rescue Seat, un siège conçu pour simplifier l’extraction des occupants après un accident. Son dossier peut être démonté en quelques minutes grâce à seulement quatre boulons, sans nécessiter de débrancher les équipements électriques.
L’objectif est simple : permettre aux secours d’installer plus rapidement une civière et d’évacuer une victime en position allongée. Testée avec les pompiers de Paris, cette solution devrait progressivement être généralisée sur la gamme Renault.
Un éthylotest anti-démarrage contrôlable à distance
Le R-Space Lab pousse encore plus loin cette logique de prévention avec un système d’éthylotest anti-démarrage digital. Intégré dans l’habitacle, le dispositif analyse les gaz circulant dans le sang à travers le doigt posé sur un capteur. Si le taux d’alcool dépasse le seuil défini, le véhicule peut empêcher son démarrage.
Le système peut également être activé et paramétré à distance. Renault imagine notamment un usage familial : un parent pourrait imposer un seuil à son enfant lorsqu’il lui prête sa voiture.
Pour éviter toute tentative de contournement, le dispositif fonctionne avec les caméras de surveillance de l’habitacle. Celles-ci peuvent notamment vérifier que la personne contrôlée est bien celle qui s’apprête à prendre le volant. Des essais cliniques doivent encore permettre de confirmer la fiabilité de cette technologie.
Le véhicule pourrait aussi détecter un malaise
Les caméras intérieures du R-Space Lab pourraient également jouer un rôle en cas de malaise du conducteur. Renault travaille déjà sur un système capable de ralentir progressivement le véhicule jusqu’à son arrêt complet lorsque le conducteur ne réagit plus aux alertes.
À terme, le constructeur envisage même un signal lumineux d’urgence utilisant le code Morse pour afficher un SOS, afin de prévenir les autres automobilistes qu’une situation anormale est en cours et de les inciter à porter assistance.
Enfin, Renault expérimente un avertisseur sonore baptisé « gentle bell ». Sa sonorité plus douce vise à limiter les réactions de surprise chez les piétons et les cyclistes lorsque le véhicule circule à faible vitesse en ville.
Si ces différentes technologies passent avec succès les dernières phases de développement, certaines pourraient arriver sur les modèles de série à partir de 2028 ou 2029, notamment ceux reposant sur la future plateforme RGEV Medium 2.0.

