Voitures radars : dans quels territoires sont-elles les plus présentes ?

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Voitures radars : dans quels territoires sont-elles les plus présentes ? - LPDD Conseil | Fiche fiabilité

Le risque d’être sanctionné par une voiture radar peut varier énormément selon les départements. Par exemple, la probabilité d’être verbalisé est jusqu’à 30 000 fois plus élevée dans l’Oise ou en Charente-Maritime que dans le Lot ou l’Aveyron. C’est l’un des constats majeurs tirés des premières statistiques départementales détaillées publiées par la Sécurité routière sur ces dispositifs de contrôle mobiles et discrets.

Cela fait désormais plus de dix ans que les radars mobiles nouvelle génération (RMNG) circulent sur les routes françaises sans attirer l’attention. Depuis 2018, la conduite de ces véhicules banalisés est progressivement confiée à des chauffeurs appartenant à des entreprises privées, dans le cadre du programme aujourd’hui baptisé « Dexter » (Dispositif de voitures radars à conduite externalisée). Jusqu’à récemment, les informations disponibles se limitaient au nombre total de contrôles sur une année et parfois à quelques données locales. Désormais, la publication d’un bilan départemental complet des contraventions offre un éclairage inédit sur leur activité.

Un niveau de verbalisation en baisse en 2024

En 2024, les voitures radars ont généré 932 500 avis de contravention initiaux. Ce chiffre marque une baisse de 25 % par rapport à 2023. Cette chute s’explique en grande partie par des interruptions d’activité parfois longues — jusqu’à huit mois — dans quatre régions : Bretagne, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire. Ces interruptions sont liées aux difficultés rencontrées lors du renouvellement des contrats des prestataires privés.

En dehors de la période Covid, il s’agit probablement de l’un des plus faibles bilans annuels. Les comparaisons avec les années précédentes restent cependant délicates, car les statistiques actuelles reposent sur les avis de contravention et non plus sur le nombre de flashs. Or, environ un quart des flashs n’aboutissent pas à une sanction, notamment à cause de plaques illisibles ou de conducteurs étrangers non poursuivis. À titre de référence, le record date de 2016 avec 1,94 million de flashs, soit environ 1,5 million de PV.

De fortes disparités selon les départements

Les résultats montrent clairement que l’exposition aux voitures radars n’est pas uniforme sur le territoire. Dans treize départements, le nombre de contraventions dépasse 20 000 par an, avec des pics proches des 30 000 dans l’Oise et en Charente-Maritime.

À l’opposé, aucune verbalisation n’a été enregistrée dans le Lot et les Hautes-Pyrénées, tandis que l’Aveyron n’a comptabilisé qu’un seul PV.

Les voitures radars privées nettement plus productives

Malgré les difficultés rencontrées dans certaines régions, les voitures confiées aux opérateurs privés affichent une efficacité largement supérieure à celles utilisées par les forces de l’ordre. Sur environ 110 véhicules en circulation simultanée, les 60 exploités par des sociétés privées ont permis d’enregistrer près de 740 000 infractions, soit environ 37 PV par jour et par véhicule. À l’inverse, les 50 voitures pilotées par la police ou la gendarmerie ont totalisé un peu plus de 193 000 PV, soit environ 13 par jour.

Les forces de l’ordre n’apparaissent dans le Top 10 que dans deux départements : le Puy-de-Dôme et l’Essonne. Pourtant, elles ont la possibilité d’utiliser les radars à l’arrêt, une méthode généralement plus rentable. Cela confirme que le contrôle routier n’est pas leur priorité principale, ce qui renforce la stratégie de généralisation du programme Dexter. À ce jour, 86 départements sont déjà passés à l’externalisation.

Une part importante des excès de vitesse détectés

Dans certains territoires, les voitures radars représentent une part très importante des infractions constatées par les dispositifs automatiques. Le record est détenu par la Somme, où elles sont responsables de 31 % des verbalisations pour excès de vitesse.

Dix autres départements dépassent également les 20 %, notamment l’Aube, le Lot-et-Garonne, le Puy-de-Dôme, la Charente-Maritime ou encore la Dordogne.

Une situation encore particulière en Corse et en Île-de-France

La Corse et l’Île-de-France constituent encore des cas particuliers. En Corse, l’externalisation pourrait être étendue, mais aucune date n’a été annoncée. Malgré cela, l’activité existe déjà avec plus de 2 800 PV en Haute-Corse et près de 200 en Corse-du-Sud.

En Île-de-France, le dispositif n’est pas utilisé en zone urbaine. Les quatre départements comprenant Paris et la petite couronne totalisent un peu plus de 18 000 PV liés aux voitures radars, soit environ 2 % seulement des infractions détectées par les radars automatiques.

Une présence majoritaire sur le réseau secondaire

Les voitures radars circulent presque exclusivement sur les routes secondaires. Des analyses précédentes ont montré que 65 % des contrôles sont réalisés sur des routes limitées à 80 km/h, 25 % sur celles limitées à 90 km/h, moins de 9 % sur les axes à 70 km/h et environ 1 % seulement en agglomération ou sur voies rapides.

Paradoxalement, c’est sur les axes rapides qu’elles enregistrent leurs meilleurs résultats en matière de verbalisation. Ce constat contredit l’idée selon laquelle ces dispositifs seraient principalement utilisés pour générer des recettes, car dans ce cas ils seraient déployés majoritairement sur les autoroutes et les grandes rocades.

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